Hilda Bustamante revient
pour se remettre des furtives
tristesse et douleur
essayer de ressentir les détails du monde
Biffure de la page 81 de Hilda Bustamante revient de Salomé Esper
Septembre est frénétique : c’est la rentrée littéraire, La grande librairie avec ses cinq romans hebdomadaires trace une avenue aux enseignes lumineuses éblouissantes, Quai des mots et ses libraires sortent enfin de leur fun zone estivale où pendant deux mois ils ont lu tant de romans qu’ils ne m’ont même pas passés sous le manteau (je déteste cette période et mon impatience) !
Le premier que j’ai lu beaucoup trop vite, c’est Choses que je croyais perdues, parce que Clémentine Mélois, parce que Alors c’est bien.
Le premier que j’ai laissé tomber à la cinquantième page, c’est La solitude des professeurs est infinie. Il ne manquerait plus que son auteur décroche le Goncourt avec ce roman, lui qui a écrit Les renards pâles !
Je suis retournée à Quai des mots espérant repartir avec Nous aussi d’Anne Godard. Il n’y était plus. Celles et ceux qui avaient regardé la grande librairie s’en étaient déjà emparé.
Le premier roman que Nico de Quai des mots m’a alors conseillé, c’est Hilda Bustamante revient de Salomé Esper. Et soudain c’est la mémoire à fleur de coeur, sans avoir rien demandé. Pour ne pas le finir trop vite, je m’attarde sur mon chemin de traverse loin de l’avenue de la rentrée littéraire. Je le lis à haute voix à qui veut m’entendre, je le mets dans mon sac pour le savoir près de moi.
Que le monde continue d’être dans ces détails qui rendent les jours fragiles souriants et nos ombres douces.


