Instants

  • Instants,  La classe !

    Leçons

    Si votre regard est perspicace, vous pourrez voir sur la photo ci-dessus prise au parc ornithologique du Marquenterre (on aurait envie de l’écrire en trois mots) un héron, une avocette, une spatule, un fuligule ou encore une cigogne. Je donne l’air de m’y connaitre en noms d’oiseaux mais ce que j’ai surtout appris tout au long de ma déambulation, c’est que j’étais incapable de nommer la variété du vivant qui apparaissait dans mes jumelles. Ma langue me faisait défaut. Dans chaque observatoire, des panneaux m’ont sauvé la mise. Merci à eux.J’ai aussi appris que j’étais victime de préjugés, et ça a du mal à passer, envers un oiseau : le…

  • Instants

    Joie

    Lu ce matin à la lettre J de On ne dissout pas un soulèvement, un long poème d’Alain Damasio portant le titre Joie et auquel je rajoute le sous-titre Mode d’emploi du temps ( car le mien, d’emploi du temps, tarde à tomber ) En voici un extrait:« Tous les pouvoirs ont intérêt et vocation à nous attrister.Un humain triste se brise plus facilement.La joie, ça fléchit mal.Ça ne se plie guère.La joie, ça n’obéit pas. »

  • Instants,  Kiosque

    Se débarbifier

    Quand B. m’appelle pour me demander, tu te laisses tenter par Barbie de Greta Gerwig, j’ai un mouvement de surprise. Ce n’est pas ce qu’on va voir d’habitude, on est plutôt essai et art. Mais bon, puisque la critique sur AlloCiné est assez bonne, on essaie. Pendant deux heures, j’ai halluciné : du pseudo-féminisme suivi du pseudo-masculinisme, le tout baignant dans du rose à vous donner la gerbe et tout autour la marmaille -les parents pensaient-ils que c’était le film parfait pour combler une après-midi pluvieuse ?- qui croquait du pop-corn et buvait du soda. Inutile de m’étendre plus. Toujours est-il qu’après cette expérience désastreuse -un peu comme si j’avais…

  • Instants

    Les jardins d’Angélique

    Direction le plateau est de Rouen en passant par la route des falaises d’Orival. Suivre la Seine apaise, à moins que ce ne soit longer les falaises par en-dessous. Quand on arrive enfin à Montmain, on se marre bien dans la voiture. Autant de voyelles nasalisées dans un nom de commune ! On s’invente une phrase à la limite du prononçable : nous allons voir tonton et maman à Montmain ! Sauf qu’on ne va voir aucun membre de la famille à Montmain mais les jardins d’Angélique. Nos corps savent tout de suite qu’ils viennent d’aborder dans un havre de paix. Ils se relâchent. Quant à nos esprits, ils ne…

  • Instants,  Kiosque

    By heart, Tiago Rodrigues

    Quand je fais comparoir les images passéesAu tribunal muet des songes recueillis Vous êtes bloqué.e chez vous, non parce qu’il fait trop chaud dehors mais parce qu’il tombe des cordes depuis ce matin. Ça a une gueule de début de printemps, voire d’automne. Vous regardez le jasmin que vous avez laissé pousser devant la fenêtre, en version pergola bio-climatique. Faute de parer le soleil, il arrête la pluie. Je soupire au défaut des défuntes pensées,Pleurant de nouveaux pleurs les jours trop tôt cueillis. Impossible d’aller courir, marcher ou nager. Vous êtes contraint.e de vous projeter dans cet espace réduit et ce temps vide. Des larmes oublieux, mon œil alors se…

  • Instants

    Tomber dans le paonneau

    Certains assis dans le jardin ont demandé: c’est quoi ce bruit ?Je répondais : une balançoire qui grince, un volet mal huilé, en fonction de mon humeur et parce que je n’en savais rien.Aussi fidèle qu’un clocher, ça rythme les quart-d’heures avec, à certains moments de la journée, une préférence pour les minutes. Ça se promène. Tantôt proche, tantôt lointain. Ma fille, elle, a tout de suite décrété que c’était insupportable. Elle n’a pas cru à la balançoire ou au volet. Elle est allée résoudre le mystère et le mystère est venu à elle : sur le muret au dessus des framboisiers, une paonne se tenait à l’arrêt, en panne.…

  • Instants

    (im)mobilité

    Il y a eu, de passage à la biquetterie, ma fille qui en septembre se lancera dans une itinérance sur le GR 34 et mon frère qui le lendemain rejoignait Nouméa avec sa tribuil y a eu l’une qui voulait randonner avec moi pour tester ses mollets et l’autre qui aspirait à se poser un peu alors avec l’un, on a bu des verres de vin et des tasses de café tout en lisant à voix haute Philosopher c’est apprendre à mourir, en se disant que Montaigne cite beaucoup d’auteurs latins et qu’on n’était pas obligés de lire toutes les citations, qu’on n’était pas obligés de les lire alors avec…