Instants

  • Instants,  Kiosque

    Avis de canicule (2)

    Je continue mes lectures de grand froid alors que dehors est chaud. Après Le bout du monde est vertical, j’ai lu d’une traite De Neige et de vent de Sébastien Vidal. Cela a à la fois la gueule d’un western dans les Alpes et celle d’un polar que tout empêche. À l’intérieur, deux gendarmes, confinés dans la mairie avec l’étranger qui écrit dans ses carnets, ne peuvent enquêter. À l’extérieur, le vent, la tempête de neige, des habitants coupés du monde et de la loi. Magnifiquement écrit, magnifiquement construit.Cela a surtout la gueule d’une humanité qu’on interroge. « Nous scrutons sans cesse l’horizon du lendemain, alors qu’il suffit d’être dans l’instant.…

  • Instants,  Kiosque

    Avis de canicule (1)

    Il va faire très chaud pendant deux jours. Levée tôt, j’ouvre grand la biquetterie. J’arrose le potager et le jardin. Les abeilles s’affolent autour des points d’eau. Elles aussi cherchent une solution pour traverser le jour avec le calme du haricot grimpant sous sa feuille. Plus loin dans la matinée, je salue la voisine qui promène son chien Polka, je taille les cassissiers, tire sur les orties montées en graines, cueille tomates, courgettes, concombre et me décide à regagner l’intérieur. Je suis bien dans la fraîcheur emmagasinée. C’est un espace vide qui s’ouvre et qui me rééquilibre. Hier, j’ai fait le plein de livres à Quai des mots. Quatre d’un…

  • Instants,  Kiosque

    Conjurer la peur

    L’essai était depuis un an sur mon bureau à l’étage. J’avais prévu de le lire, les mois ont passé, j’ai même changé de bureau entre temps. Je l’ai replacé sur ce nouvel espace, son titre comme un mantra quotidien. J’ai fini par me décider à l’ouvrir parce que le nom de son auteur souvent mentionné en ce mois de juillet. Patrick Boucheron était aux côtés de Thomas Jolly pour concevoir la cérémonie d’ouverture des JO comme une invitation à dépasser notre société rabougrie, ratatinée, malingre. Cette certitude que le vivre ensemble est possible s’il déploie toutes nos différences. Conjurer la peur, Essai sur la force politique des images. Sienne, 1338.…

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    Les jeux sont faits (2)

    Ce matin, j’ai fini de relire Courir de Jean Echenoz. Émile Zatopek, le savetier et l’éboueur, et entre deux l’athlète aux trois médailles d’or – 5000 km, 10000km et marathon – aux JO d’Helsinki en 1952 . Plus loin dans la journée, je te place dans mes pensées et nous courons jusqu’au panorama de St Pierre. L’air est chargé d’humidité. Ma foulée est lente pour grimper tout là-haut. J’aime cet endroit perché, le regard porte loin, jusqu’aux Andelys. En contre-bas, la Seine charrie dans un grand éclat de rire flamboyant les échos de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.

  • Instants

    Les jeux sont faits (1)

    for ever faut rêverles eaux de la Seine filtrées jusqu’à la dernière chiureprévoyez quand même une combinaison intégrale pour un ploufles rues balayées jusqu’au dernier migrantplus de tentes quechua sous les pontsles chambres époussetées jusqu’au dernier étudiantfaut faire place netteParis nouvel Omphalos est prêt pour les JOfor ever faut rêver

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    Est-ce que demain finira bien ? (9)

    Nous y sommes : demain c’est aujourd’huiune longue journée s’est ouvertepour l’accélérer je me projette en marsfaites que le printemps des poètes n’ait pas à choisirle mot honte pour compléter son abécédaireardeur beauté courage désir éphémère frontière grâcemais hospitalité Photo : ©Pili

  • Instants

    Est-ce que demain finira bien ? (8)

    On y estdemain c’est vraiment demainavis de tempête sur l’hexagonej’ai tellement entendu sur toutes les ondesle RN on ne l’a jamais essayéalors pourquoi pasqu’il faut le redire clairementon n’essaye pas ces gens-là parce qu’une fois arrivés ils ne partiront pasil nous restera alors le souvenir de notre démocratie pour pleurer Photo : ©Nicole F.

  • Instants,  La classe !

    Est-ce que demain finira bien ? (7)

    On se réveille à l’aube avec un doutequelques secondeset c’est à nouveau làla dérouteSombrer Ombre Sombreune vague bruneon a cru pouvoir faire front encore une foisles digues ne tiennent plusérosion de l’humanité( Face à moi, des élèves planchent sur un extrait de La chambre des officiers de Marc Dugain. Ils sont concentrés sur l’épreuve du brevet. J’ai tout mon temps pour les observer. Que savent-ils des épreuves qui les attendent ? )on ne va pas abandonner ce réel étriqué on va être plus vaste que luicontinuer d’ouvrir grand nos gueules et nos ailes photo : ©Fanche