-
Équation
Messieurs les législateurs,Permettez-moi de transformer votre injonction en une équation. Ainsi, si le masculin fait le neutre, alors le féminin fait la nature.D’où nous revenons, belles étaient l’île à forme de pied, les falaises, la mer plane au nord ou déchaînée au sud, nos chaussures de randonnées rougies par le cami de cavalls, notre joie d’être là. Et surtout belles étaient les colchiques poussant dans la faille du roc : elles ne savaient pas que c’était impossible, alors elles l’ont fait.Ne vous en déplaise, tout cela était vraiment belle.
-
Matin intérieur
Ce matin comme tous les matins, j’arrive chez Suzon tôt. Je dépose mon vélo dans le garage, récupère dans mes sacoches, mon sac de cours et ma gamelle et y enfourne mon pantalon et blouson coupe-vent, mes gants et mon bonnet. Une nouvelle journée commence. J’aime ce temps où le collège émerge à peine du silence de la nuit et que la première heure de cours est encore loin. S. vient de rejoindre sa loge. S. est tout à la fois gardienne et âme du collège. Chaque matin, elle commence par appuyer sur un bouton pour lancer le lever de tous les stores, du rez-de-chaussée au 2ème étage, puis elle…
-
Notre vie, c’est maintenant
« Le droit à une vie respirable, une vie qui vaut la peine, une vie à laquelle tenir, c’est le droit d’attendre beaucoup de la vie (la vie avec, auprès, parmi): l’espoir de fraterniser dans la respiration, l’espoir de détoxiquer nos quotidiens et de respirer enfin avec les autres. Respirer avec, conspirer. »in Respire, Marielle Macé Après une semaine qui m’a essoufflée -les cours, les copies, les préparations de projets-, après une semaine à inspirer et expirer sans m’en rendre compte, j’ai enfin trouvé le temps de finir le petit essai de Marielle Macé, Respire. Au départ, une évidence. L’air que j’inspire a été expiré par d’autres. L’air que j’expire sera inspiré…
-
Convergence de lignes
Rituel du matin7h20 : je charge mes sacoches, celle de droite reçoit mes cours et mon ordi, celle de gauche mon casse-croute et mon anti-vol. Je monte sur mon vélo et descends le côteau pour rejoindre S. à 7h30. Un rapide bonjour dans le flux de la circulation et nous fonçons jusqu’à la voie verte. Une fois que nous y sommes, nous pouvons respirer largement. Nous avons vingt minutes devant nous pour nous donner des nouvelles du week-end, nous redire que nous sommes vraiment bien à longer l’Eure, à saluer les cygneaux devenus grands mais toujours en ligne familiale. Dans notre dos, le jour prend le relais de la nuit.…
-
Leçons
Si votre regard est perspicace, vous pourrez voir sur la photo ci-dessus prise au parc ornithologique du Marquenterre (on aurait envie de l’écrire en trois mots) un héron, une avocette, une spatule, un fuligule ou encore une cigogne. Je donne l’air de m’y connaitre en noms d’oiseaux mais ce que j’ai surtout appris tout au long de ma déambulation, c’est que j’étais incapable de nommer la variété du vivant qui apparaissait dans mes jumelles. Ma langue me faisait défaut. Dans chaque observatoire, des panneaux m’ont sauvé la mise. Merci à eux.J’ai aussi appris que j’étais victime de préjugés, et ça a du mal à passer, envers un oiseau : le…
-
Joie
Lu ce matin à la lettre J de On ne dissout pas un soulèvement, un long poème d’Alain Damasio portant le titre Joie et auquel je rajoute le sous-titre Mode d’emploi du temps ( car le mien, d’emploi du temps, tarde à tomber ) En voici un extrait:« Tous les pouvoirs ont intérêt et vocation à nous attrister.Un humain triste se brise plus facilement.La joie, ça fléchit mal.Ça ne se plie guère.La joie, ça n’obéit pas. »
-
Ciels (2)
Nouveau matin ettoujours la joie affoléedes hirondelles
-
Ciels
Ici se cisèleà chaque cillementun nouveau ciel Photos : au-dessus de la baie de Somme
-
Les jardins d’Angélique
Direction le plateau est de Rouen en passant par la route des falaises d’Orival. Suivre la Seine apaise, à moins que ce ne soit longer les falaises par en-dessous. Quand on arrive enfin à Montmain, on se marre bien dans la voiture. Autant de voyelles nasalisées dans un nom de commune ! On s’invente une phrase à la limite du prononçable : nous allons voir tonton et maman à Montmain ! Sauf qu’on ne va voir aucun membre de la famille à Montmain mais les jardins d’Angélique. Nos corps savent tout de suite qu’ils viennent d’aborder dans un havre de paix. Ils se relâchent. Quant à nos esprits, ils ne…
-
Cinq
Depuis cinq jours,



























