• Instants,  Kiosque

    Notre vie, c’est maintenant

    « Le droit à une vie respirable, une vie qui vaut la peine, une vie à laquelle tenir, c’est le droit d’attendre beaucoup de la vie (la vie avec, auprès, parmi): l’espoir de fraterniser dans la respiration, l’espoir de détoxiquer nos quotidiens et de respirer enfin avec les autres. Respirer avec, conspirer. »in Respire, Marielle Macé Après une semaine qui m’a essoufflée -les cours, les copies, les préparations de projets-, après une semaine à inspirer et expirer sans m’en rendre compte, j’ai enfin trouvé le temps de finir le petit essai de Marielle Macé, Respire. Au départ, une évidence. L’air que j’inspire a été expiré par d’autres. L’air que j’expire sera inspiré…

  • La classe !

    Convergence de lignes

    Rituel du matin7h20 : je charge mes sacoches, celle de droite reçoit mes cours et mon ordi, celle de gauche mon casse-croute et mon anti-vol. Je monte sur mon vélo et descends le côteau pour rejoindre S. à 7h30. Un rapide bonjour dans le flux de la circulation et nous fonçons jusqu’à la voie verte. Une fois que nous y sommes, nous pouvons respirer largement. Nous avons vingt minutes devant nous pour nous donner des nouvelles du week-end, nous redire que nous sommes vraiment bien à longer l’Eure, à saluer les cygneaux devenus grands mais toujours en ligne familiale. Dans notre dos, le jour prend le relais de la nuit.…

  • Instants,  La classe !

    Leçons

    Si votre regard est perspicace, vous pourrez voir sur la photo ci-dessus prise au parc ornithologique du Marquenterre (on aurait envie de l’écrire en trois mots) un héron, une avocette, une spatule, un fuligule ou encore une cigogne. Je donne l’air de m’y connaitre en noms d’oiseaux mais ce que j’ai surtout appris tout au long de ma déambulation, c’est que j’étais incapable de nommer la variété du vivant qui apparaissait dans mes jumelles. Ma langue me faisait défaut. Dans chaque observatoire, des panneaux m’ont sauvé la mise. Merci à eux.J’ai aussi appris que j’étais victime de préjugés, et ça a du mal à passer, envers un oiseau : le…

  • Instants

    Joie

    Lu ce matin à la lettre J de On ne dissout pas un soulèvement, un long poème d’Alain Damasio portant le titre Joie et auquel je rajoute le sous-titre Mode d’emploi du temps ( car le mien, d’emploi du temps, tarde à tomber ) En voici un extrait:« Tous les pouvoirs ont intérêt et vocation à nous attrister.Un humain triste se brise plus facilement.La joie, ça fléchit mal.Ça ne se plie guère.La joie, ça n’obéit pas. »

  • Instants

    Les jardins d’Angélique

    Direction le plateau est de Rouen en passant par la route des falaises d’Orival. Suivre la Seine apaise, à moins que ce ne soit longer les falaises par en-dessous. Quand on arrive enfin à Montmain, on se marre bien dans la voiture. Autant de voyelles nasalisées dans un nom de commune ! On s’invente une phrase à la limite du prononçable : nous allons voir tonton et maman à Montmain ! Sauf qu’on ne va voir aucun membre de la famille à Montmain mais les jardins d’Angélique. Nos corps savent tout de suite qu’ils viennent d’aborder dans un havre de paix. Ils se relâchent. Quant à nos esprits, ils ne…

  • Instants

    Tomber dans le paonneau

    Certains assis dans le jardin ont demandé: c’est quoi ce bruit ?Je répondais : une balançoire qui grince, un volet mal huilé, en fonction de mon humeur et parce que je n’en savais rien.Aussi fidèle qu’un clocher, ça rythme les quart-d’heures avec, à certains moments de la journée, une préférence pour les minutes. Ça se promène. Tantôt proche, tantôt lointain. Ma fille, elle, a tout de suite décrété que c’était insupportable. Elle n’a pas cru à la balançoire ou au volet. Elle est allée résoudre le mystère et le mystère est venu à elle : sur le muret au dessus des framboisiers, une paonne se tenait à l’arrêt, en panne.…

  • Instants

    (im)mobilité

    Il y a eu, de passage à la biquetterie, ma fille qui en septembre se lancera dans une itinérance sur le GR 34 et mon frère qui le lendemain rejoignait Nouméa avec sa tribuil y a eu l’une qui voulait randonner avec moi pour tester ses mollets et l’autre qui aspirait à se poser un peu alors avec l’un, on a bu des verres de vin et des tasses de café tout en lisant à voix haute Philosopher c’est apprendre à mourir, en se disant que Montaigne cite beaucoup d’auteurs latins et qu’on n’était pas obligés de lire toutes les citations, qu’on n’était pas obligés de les lire alors avec…